Interview Saïd Oujibou

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Interview Saïd Oujibou

Message par GoD'$ CHiLD78 le Mar 3 Juil - 13:47

Ancien fidèle de l’Islam séduit par une certaine radicalité de cette religion, le Marocain Said Oujibou est aujourd’hui un évangélique convaincu, et annonce sans relâche l’Evangile aux Nord-Africains. Travaillant il y a quelques années comme éducateur en banlieue, il connaît bien les quartiers sensibles de Paris. Mais cette désespérance qu’il a côtoyé et cette idéologie islamiste menaçant l’avenir de nombreux jeunes dans les banlieues ne l’arrête pas. Il est par ailleurs le chargé de communication de la FNACF (Fédération des Nord-Africains Chrétiens de France) et souhaite que celle-ci exhorte et informe l’Eglise sur les besoins de ces nouveaux chrétiens, qui se comptabilisent déjà à plus de 10.000 dans l’Hexagone.
Au cours de cette Interview réalisée lors d’un séminaire d’islamologie à Toulouse, le week-end du 1er et 2 avril 2006, Saïd Oujibou aborde l’affaire de Perpignan, le défi à relever par l’Eglise concernant ces conversions toujours plus nombreuses des musulmans au Christianisme, le traitement de l’information par les médias, son parcours spirituel,… Il dresse enfin un portrait de Slimane Zeghidour, le journaliste auteur du dossier dans le Nouvel Observateur qui a scandalisé le milieu évangélique en février 2004, et offre son ‘’regard de marocain’’ sur Tariq Ramadan, dépeint comme un danger et un manipulateur au double visage par les médias.


Paul Ohlott : « Vous vous êtes rendu à Perpignan lorsqu’il y a eu des problèmes graves entre Arabes et Tsiganes. Que s’est-il passé et quel a été votre sentiment concernant cette ville ? »

Saïd Oujibou : « Je n’ai jamais vu en France des quartiers où il y a une telle ségrégation urbaine, où c’est vraiment l’enfermement mental, la prison à ciel ouvert. Je peux donc comprendre que deux entités aussi fortes que celles des musulmans, qui sont complètement ghettoïsés, et des Tsiganes qui sont enfermés là depuis des années et des années… puissent s’affronter. La plus grande désolation, ce sont les pouvoirs publics finalement qui laissent deux communautés sur un même territoire s’entretuer, avec très peu d’actions sociales entreprises. Et le drame est survenu, puisqu’en l’espace de quelques semaines, deux arabes ont été tués par la communauté tsigane. Des chrétiens m’ont contacté et je suis venu pour tenter de déminer le terrain. Les musulmans ont une mauvaise conception en général du Christianisme, et il était important de leur montrer réellement ce qu’est l’Evangile. Le fait d’avoir rencontré cette communauté et notamment l’imam du quartier, a permis de gommer les nombreux clichés qu’ils se font sur les chrétiens, mais aussi sur l’Occident en général. Ils avaient attisé une haine incroyable, elle se lisait sur les visages. J’ai pu réaliser plusieurs conférences en plein air, et j’ai été touché par les réactions non seulement de la communauté tsigane, mais aussi, par celle des nord-africains. Aujourd’hui, ces problèmes se sont estompés, mais je reste malgré tout pessimiste pour l’avenir. Je leur avais dit que ce qu’ils vivaient à Perpignan, nous allions le vivre sur le territoire national. Quelques mois plus tard, après l’expression de notre ministre de l’Intérieur (Nicolas Sarkozy), ‘’la racaille que l’on nettoie au karcher’’, on a vu cette Intifada des banlieues. La plupart des quartiers se sont enflammés. Je récuse cette violence et je préfère encourager à manifester, manifester d’une manière intelligente, comme on l’a fait en 1983-84 lors de la marche des Beurs pour aller à la rencontre de François Mitterrand ».

« Il y a certaines choses dans l’Islam avec lesquelles on ne peut pas pactiser ! »

Paul Ohlott : « Vous avez déclaré lors de votre passage à Toulouse, que dans certaines villes, les maires ont pactisé avec des islamistes pour avoir la paix dans les banlieues…»

Saïd Oujibou : « Certains maires aujourd’hui ont fait un compromis avec un islam politique et avec l’internationale islamiste qui gangrène nos banlieues. Ils l’ont fait pour acheter la paix sociale et aussi parce que ces gens représentent un potentiel électoral. Le problème, c’est qu’en faisant cela, ils pactisent non avec les musulmans, mais avec une idéologie islamiste qui est contre toutes les grandes valeurs de liberté. C’est un fascisme qui détruit et qui viole psychologiquement ces pauvres jeunes nord-africains, déjà confrontés à une énorme crise identitaire. Là où les maires font le jeu des islamistes, c’est qu’ils vont jusqu’à leur donner des locaux et les laissez faire en toute impunité. Ces islamistes s’immiscent même dans la vie des familles et vont jusqu’à contrôler l’alimentation d’une frange de la population. Aujourd’hui, ce genre de choses, on ne le voit plus en Afrique du nord, le voir en France, c’est quand même assez désolant ! L’Islam est une réalité, c’est une religion que l’on ne peut pas nier, mais il y a certaines choses dans l’Islam avec lesquelles on ne peut pas pactiser. C’est le cas notamment pour la loi sur l’apostasie. Souvent, on pense que Arabe est synonyme de musulman, et on oublie que de nombreux Arabes sont chrétiens. On accepte que des Français se convertissent à l’Islam, mais l’idéologie islamiste n’accepte pas que des musulmans deviennent chrétiens. De plus, ces islamistes tentent de rallier à leur cause l’Islam en utilisant le conflit israélo-palestinien et la guerre en Irak… C’est une séduction pour pouvoir enrôler davantage ».

Paul Ohlott : « Ces pactes dangereux concernent-ils de nombreuses villes ? »

Saïd Oujibou : « Les trois plus grandes villes françaises sont concernées. A Lyon, il y a une islamité affichée. Les associations religieuses ont vraiment gagné du terrain.
Et de surcroît, c’est un Islam pur et dur qui est vécu, et qui possède des librairies comme le Tawhid, située en plein centre-ville, et qui propose toutes sortes de littérature, y compris celles de courants islamistes dangereux. Et il y a d’autres endroits comme dans certaines banlieues parisiennes, où toutes sortes de cassettes prolifèrent. Et enfin, la ville que je mettrais à pied d’égalité avec Marseille, c’est Lille. Il y a une très forte concentration de la communauté nord-africaine, et parmi eux, on trouve beaucoup d’islamistes que l’on a régularisés en France et qui exploitent cette méconnaissance de l’Islam au sein de la jeunesse ».



« Ces clichés sont créés de toute pièce par des islamistes qui caricaturent le Christianisme ! »

Paul Ohlott : « Parallèlement à cette prolifération dangereuse d’un islamisme radical en France, on assiste à un phénomène assez nouveau et qui connaît un succès croissant, celui des musulmans qui se tournent vers Jésus-Christ. Qu’en est-il réellement aujourd’hui en France ? »

Saïd Oujibou : « Les chrétiens évangéliques font un merveilleux travail en partageant l’Evangile à cette communauté nord-africaine. Contrairement aux islamistes, c’est un partage dans une atmosphère d’amour, de liberté, et non dans le but de séduire ou de profiter d’une quelconque fragilité. Il n’y a pas non plus d’offres alléchantes qui récompensent les conversions, comme le font les islamistes. Ce qui est important de signaler c’est que de plus en plus de nord-Africains acceptent Jésus-Christ et témoignent au reste de la communauté qu’ils sont nord-Africains et chrétiens. L’Evangile, c’est le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à quelqu’un. Jésus, ce n’est pas une religion que l’on apporte, ce n’est pas une idéologie, mais c’est réellement une puissance de vie pour le Salut de quiconque croit ! C’est un message d’amour, d’espoir et de paix qui a fait toutes ses preuves. Il est important aujourd’hui que les chrétiens gomment les mauvais clichés que les musulmans se font de l’Evangile. Et souvent, ces clichés sont créés de toute pièce par des islamistes qui caricaturent le Christianisme. Ces derniers associent les chrétiens à des débauchés, des idolâtres… Et ne retiennent dans la démocratie occidentale que ce qui les arrange. Il est temps et urgent de combattre avec nos armes d’amour et de paix, avec l’Evangile, la puissance de Dieu. Contrairement à l’islamisme, l’Evangile, c’est bien plus qu’un projet politique, c’est une transformation radicale de l’individu, pas extérieurement, mais à l’intérieur, au plus profond de son cœur. Et si le cœur de l’individu change, tout peut changer alors dans le monde entier ».

Paul Ohlott : « Tout le travail d’annonce de l’Evangile depuis les dix dernières années aurait donc conduit à un chiffre impressionnant, celui de 10.000 nord-Africains chrétiens en France ? »

Saïd Oujibou : « L’église catholique, qui a tout un processus pour le baptême, a évalué le nombre de baptêmes de musulmans à 400 par an. Dans le courant protestant évangélique, les gens sont encore beaucoup plus réceptifs. Je dirais que nous sommes aujourd’hui 10.000 ex-musulmans en France, et il s’agit-là d’un chiffre non exagéré. En réalité, je crois qu’il y en a beaucoup plus que cela, mais de nombreux nord-Africains se retiennent de le dire et de se revendiquer chrétiens, à cause de la peur d’être rejeté, des pressions familiales, de sombrer dans la dhimitude… La dhimitude, c’est vivre en état d’infériorité, vivre en exclu… Et il y a aussi la peur de représailles de la part d’islamistes qui aujourd’hui n’hésitent pas à condamner même jusqu’à la mort, comme on l’a vu dernièrement en Afghanistan. La loi sur l’apostasie, c’est une réalité que l’on n’expérimente pas seulement en terre d’Islam, mais aussi dans des pays comme la France ».

« Malheureusement, beaucoup se convertissent sans trouver cette Oumma chrétienne »

Paul Ohlott : « Il est très difficile en effet pour un musulman de se convertir et de se revendiquer chrétien, et d’ailleurs quand on ose quitter l’Oumma (la communauté musulmane), il faut impérativement retrouver une autre communauté. Est-ce que l’Eglise manque à son devoir en n’ouvrant pas ses portes assez largement à ces musulmans ? »

Saïd Oujibou : « Il est vrai que lorsque l’on quitte l’Oumma, son groupe d’appartenance, malgré nous parfois parce que l’on est rejeté, il y a toutes sortes de vexations, d’humiliations… Quitter son groupe d’appartenance, ce n’est pas sans conséquence, c’est douloureux, c’est très dur. Mais, sans exagération, quitter l’Oumma, c’est l’aliénation, c’est presque tuer l’individu, tuer sa culture et toute son histoire. Et retrouver une autre Oumma, c’est très complexe, c’est même perçu comme une trahison pour le groupe d’origine. Ces derniers doivent subir en plus le rejet qui a été banalisé par la société française. Après être exclu de l’Oumma il y a encore les discriminations, le délit de faciès, le délit d’adresse…etc. Si l’Eglise n’est pas prête à les accueillir, à les entourer, à les protéger, à les aimer… C’est rendre leur vie impossible. Malheureusement, beaucoup se convertissent sans trouver cette Oumma chrétienne. Ce n’est pas acceptable ! Et là, c’est un grand travail qui nous attend. Et je veux interpeller tous les présidents de fédérations, tous les pasteurs en France, à réfléchir sur cette opportunité qu’ils ont, face à toute une communauté perdue, car c’est un devoir de sensibiliser leurs églises pour un véritable accueil et un vrai amour ».

Paul Ohlott : « Vous venez de créer une fédération pour les nord-Africains chrétiens. Est-ce que nous n’allons pas retomber dans la même erreur, fruit du déni des étrangers, avec une création toujours plus importante d’églises et de regroupements ethniques ? Avez-vous créé cette fédération parce que les églises n’intègrent pas suffisamment les nord-Africains chrétiens ? »


Saïd Oujibou : « Cette fédération a été créée le 11 novembre 2005, représente plus de 25 associations, et compte une soixantaine de leaders. On y trouve aussi bien des Marocains, Algériens, Tunisiens… Cependant, elle n’a pas pour but de créer une Oumma et de ghettoïser les chrétiens nord-africains, mais de permettre aux évangéliques de mieux connaître ces nouveaux chrétiens, de partager davantage avec eux et de se rendre compte de leurs réelles difficultés. On a besoin d’une identité reconnue par l’espace publique et politique. Il existe le CFCM, le Conseil Français du Culte Musulman, pourquoi il n’existerait pas ce Conseil Français du Culte Nord-africain Chrétien ? Et pourquoi ne serions-nous pas entendus par le ministère de l’Intérieur ou par le bureau des Cultes ? Les musulmans ont toute une liste de revendications, dont certains éléments sont légitimes, mais nous aussi nous avons des revendications légitimes comme la liberté d’expression, la liberté de culte, et le fait d’interdire d’écrire dans des textes qu’un musulman n’a pas le droit de devenir chrétien, comme le fait par exemple le CFCM. Il est primordial par conséquent que cette fédération soit accessible et visible. La fédération va jouer un rôle très important aussi pour construire un avenir pour nos enfants. Cette fédération n’a pas cette volonté de nous constituer en églises ethniques, bien qu’il en existe en France. Ce serait un échec pour moi de sortir d’un ghetto pour entrer dans un autre. Dieu est capable à travers l’Eglise, d’accueillir des hommes et des femmes de toutes races, de toutes conditions, sans distinction aucune. L’Evangile, c’est le message de Dieu pour tous, c’est un message qui ne fait acception de personne. La conversion ne signifie pas occidentalisation, je suis marocain et chrétien et je mange toujours du couscous avec mes trois doigts ».

« On ne se convertit pas pour aller au Macdo, pour profiter et manger un hamburger !! »

Paul Ohlott : « Pierre-Patrick Kaltenbach, de l'AFP (Association Famille Protestante), a publié le 14 janvier 2006 un rapport dans lequel il dénonce les médias qui affirment chacun à leur manière que "la secte Bush est à l'assaut de la seconde religion de France". Que vous inspire de tels propos ? »

Saïd Oujibou : « Je dirais tout d’abord par rapport aux médias, que l’on est dans un projet porteur qui nous incite, ou plutôt nous oblige, à vendre. Il faut choquer l’auditoire afin qu’il achète. Et je ne pense pas que dans toute la stratégie de M. Bush, il y ait cette volonté de convertir tous les musulmans. Je ne vois pas dans son administration, malgré ce que disent les médias français, cette volonté d’essayer de manipuler toute cette communauté musulmane. Le problème c’est que l’on attise et que l’on alimente un discours très négatif sur M. Bush, mais pour moi c’est une personne que je respecte, même s’il y a chez lui parfois un amalgame entre la politique et le spirituel. Et concernant la communauté nord-africaine chrétienne, je peux vous dire que la plupart des musulmans qui se convertissent aujourd’hui ne le font pas poussés par une vague évangélisatrice américaine. On ne se convertit pas pour aller au Macdo, pour profiter et manger un hamburger, mais tout simplement parce qu’il y a une action incroyable de l’Esprit Saint par exemple en Algérie, où l’on voit des conversions tous les jours. Et je peux vous assurer que les Américains ne sont pas dans le coup ! »


Dernière édition par le Mar 3 Juil - 13:51, édité 1 fois
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Suite de l'interview

Message par GoD'$ CHiLD78 le Mar 3 Juil - 13:48


Paul Ohlott : « Les médias enflamment-ils selon-vous les relations entre les différentes religions et en particulier entre l'Islam et l'Evangélisme ? »

Saïd Oujibou : « Les médias se servent de ce phénomène de conversion aujourd’hui pour récuser les Etats-Unis et pour attiser un certain mépris vis-à-vis d’eux. Mais, que Dieu bénisse l’Amérique et que Dieu bénisse tous les peuples ! Je crois vraiment que c’est une affaire politique entre la France et les Etats-Unis et que les médias sont partisans de cette politique qui est menée ».

« Les gens sont tellement manipulés par les mass-médias, qu’ils sont toujours déstabilisés face à un musulman avec une pilosité extrême… »

Paul Ohlott : « Les journalistes évoquent souvent le chiffre de 5 ou 6 millions de musulmans en France. N'est-ce pas une surestimation ? »

Saïd Oujibou : « La population musulmane en France aujourd’hui est à hauteur de 7%. D’ici 2025 à 2050, il y aura à peu près 100 millions de musulmans en Europe. Nous sommes confrontés à un vieillissement de la population. On a besoin d’une main d’œuvre, et la démographie nord-africaine est plutôt croissante. Donc, avec toutes ces données, dire que l’Islam en France concerne 5 ou 6 millions de personne n’est pas du tout exagéré. En outre, il faut savoir que chaque année, 50.000 français se convertissent à l’Islam. La véritable question est de savoir ce que l’on fait face à ces chiffres. L’Islam est-il une menace ou est-il une chance ? Comment voit-on les musulmans ? Est-ce que l’on veut les diaboliser et par conséquent jeter l’eau du bain et le bébé avec ? Ou profiter de la richesse de l’échange culturel et de tout ce qu’ils peuvent nous apporter dans cette société ? L’Islam est une réalité en France et il nous faut aimer et respecter les musulmans. Aujourd’hui, les gens sont tellement manipulés par les mass-médias, qu’ils sont toujours déstabilisés face à un musulman avec une pilosité extrême. Il ne faut plus que ce soit la peur qui anime beaucoup de Français. Il faut dépasser certains préjugés et aller à la rencontre du musulman. Ce qui est désolant en France, c’est de voir qu’il y a des communautés qui se nient sur un même terrain géographique. Dans un même lieu, les gens sont à des kilomètres, à des distances infinies mentalement. C’est le contact et la mise en place d’une relation avec l’autre qui pourra dénouer certains conflits. Ne cherchons pas à christianiser tous les musulmans de France, mais partageons l’amour de notre Seigneur dans toute sa simplicité. Les résultats appartiennent à Dieu, pas aux statistiques ».

Paul Ohlott : « Les chrétiens évangéliques se souviennent encore très bien du dossier de Slimane Zeghidour dans le Nouvel Observateur du 26 février 2004. Vous avez rencontré ce journaliste et écrivain à plusieurs reprises. Quel est votre sentiment à son sujet ? Connaissez-vous la raison qui l'a poussé à scandaliser les évangéliques français ? »

Saïd Oujibou : « Ce qui scandalise, c’est la presse facile qui véhicule toujours les mêmes clichés, ce sont les gros titres pour faire vendre. Mais M. Slimane Zeghidour que j’ai rencontré plusieurs fois, ne connaît rien, mais rien, absolument rien, à l’Evangile. Il est inculte par rapport à ce qui est écrit dans la Bible. Mais ce qu’il a voulu faire sous la pression de son rédacteur en chef, c’était de faire vendre un dossier qui était d’actualité, en agressant toujours ‘’la secte’’ Bush qui veut ‘’conquérir le monde’’. J’ai pris le temps de lui dire qui nous sommes réellement, que l’on fait partie d’un courant protestant, issu de la Réforme, reconnu, plus que reconnu. Je l’ai informé que nous ne sommes pas des évangélistes comme les journalistes l’écrivent ou le disent souvent, mais des protestants évangéliques, et que l’on se converti dans la liberté, par conviction, sans aucune séduction d’offres alléchantes ou sous la pression de l’Amérique ou de qui que ce soit. Et je tiens à rappeler que Jésus n’est pas né à Washington DC, mais à Bethléem. C’est donc un sémite, un oriental. Jésus n’est pas né à New York ! Ce sont les films hollywoodiens sur la vie de Jésus qui sont nés là bas. Mais Jésus est né sur la terre de Palestine. Mon entretien avec Slimane Zeghidour s’est très bien passé, et je me souviens que sur le trottoir où l’on a poursuivi notre conversation, j’ai pu prier pour lui. Il a ensuite déclaré : ‘‘mais pourquoi pas ? Que la grâce de Dieu me touche à mon tour…’’. C’est tout le mal que je lui souhaite ! C’est un intellectuel algérien qui a réussi dans le milieu journalistique. Je comprends qu’il cherche par tous les moyens à vendre des articles, mais l’Evangile, on ne le vend pas, et il s’est trompé là-dessus ».

Paul Ohlott : « Vous affirmez vraiment que Slimane Zeghidour a écrit un article sur un sujet qu’il ne maîtrise absolument pas ? »

Saïd Oujibou : « Il a écrit un article en s’alimentant beaucoup sur Internet, et il a pris ce qui l’arrangeait. Et nous avons pu constater qu’il était complètement en décalage avec la signification réelle de l’Evangile chez les évangéliques. Je le respecte, mais j’espère vraiment, comme il l’a espéré à demi-mot, que la grâce de Dieu puisse le toucher un jour ».

« Chaque musulman n’est pas un ennemi potentiel, mais une âme, un cœur, une vie »

Paul Ohlott : « Vous avez rencontré également Tariq Ramadan. Beaucoup de journaux l'ont présenté comme un danger et un manipulateur au double visage. Qu'en pensez-vous personnellement ? »
Saïd Oujibou : « Il y a de nombreux écrits et de nombreux livres sur Tariq Ramadan, comme celui de Caroline Fourest qui est très connu. Mais j’ai personnellement un autre regard sur lui, qui est celui d’un marocain chrétien. Mon regard se base sur le postulat que chaque musulman n’est pas un ennemi potentiel, mais une âme, un cœur, une vie. C’est vrai qu’il est brillant et intellectuellement dangereux, et je rappelle qu’il est le petit-fils du fondateur des Frères Musulmans. Quand je l’ai rencontré, c’était en rapport à une question qui me tient beaucoup à cœur, à savoir la loi sur l’apostasie. Et il a déclaré être complètement contre le fait qu’aujourd’hui certains s’opposent à ces conversions-là. M. Tariq Ramadan m’a expressément dit ‘’J’ai toute la liberté’’. Alors… Double discours ? Peut-être, mais en tout les cas, il ne dit pas que des choses négatives, et il tient parfois des discours très intéressants à ces jeunes perdus des banlieues qui sombrent dans la victimisation. Et évidemment, M. Ramadan, intellectuellement très brillant, reflète une autre image pour toute cette jeunesse qui est tout le contraire parfois. On voit là tout son charisme et tout son génie oratoire qui foisonne de rhétorique orientale. Il séduit de plus en plus une jeunesse à laquelle aujourd’hui, on ne répond plus, ni les services sociaux, ni les éducateurs, ni les parents, ni la société… Il est devenu le nouvel éducateur spirituel des banlieues et c’est là qu’il peut être dangereux »

Paul Ohlott : « La sphère politique a eu fort à faire au sujet de la question du port du voile. Pourquoi les musulmans en ont-il fait un cheval de bataille ? »

Saïd Oujibou : « Je ne pense pas que ce soit les musulmans qui en ont fait un cheval de bataille. Mais derrière cette revendication, on trouve très certainement les islamistes. C’est un peu l’épine dans le pied du gouvernement aujourd’hui. Et quand il y a quelques ‘’clash’’ et quelques difficultés, c’est toujours l’histoire de Creil, en banlieue parisienne, qui revient. Cette histoire du voile, elle n’a pas lieu d’être. Nous sommes en France, nous sommes dans une République laïque. Et il est temps aujourd’hui d’arrêter de voiler la face de toutes ces femmes. Je pense qu’il y a un courant, une idéologie politique, où les islamistes font de l’entrisme au sein du gouvernement. C’est ce que l’on appelle la politique du grignotage. Ils ont commencé avec l’histoire du voile, et après ce sera une loi contre l’islamophobie, et ensuite on interdira aux musulmans de changer de religion, et dans les piscines on séparera les hommes et les femmes, et on imposera de la consommation halal en tout lieu, toutes les Barbies seront voilées, les téléphones portables auront tous l’option qui montre la direction de la Mecque… Les islamistes gangrènent de plus en plus les banlieues. Malheureusement, la plupart des musulmans en crise identitaire font leur jeu, mais ils ne savent pas avec qui ils pactisent ».

« Cette proposition de loi contre le blasphème, c’est la porte d’entrée aux barbus en France ! »

Paul Ohlott : « Que vous inspire la proposition de loi contre le blasphème en France ? »

Saïd Oujibou : « Cette proposition de loi contre le blasphème, c’est la porte d’entrée aux barbus en France ! C’est la porte d’entrée à une profusion de lois qui vont de plus en plus nous plonger dans le communautarisme, l’archaïsme, et qui va amener une spiritualité qui va se dégrader, même au sein de la communauté musulmane française. Ce qui est inquiétant, c’est quand des responsables comme Mouloud Aounit, le président du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), une association laïque, ose pactiser avec ces islamistes, notamment parce qu’il y a un potentiel électoral à en tirer. On a trop tendance, dans les médias en France, à donner toujours la parole aux mêmes intervenants, et la majorité malheureusement reste silencieuse au détriment d’une minorité qui manipule ».

Paul Ohlott : « Certains pays appliquent une loi "anti-conversion" (ou loi sur l'apostasie). Quels sont-ils ? Et que stipule cet article juridique ? »

Saïd Oujibou : « Le premier pays concerné est l’Arabie Saoudite, qui est un pays où le courant très puritain du wahhabisme est largement pratiqué. Mais d’autres sont aussi concernés, comme le Pakistan, le Nigéria, l’Indonésie… Et cette loi, que l’on trouve 2 fois dans le Coran et que l’on peut retrouver aussi dans les Hadiths, condamne tout musulman qui oserait quitter l’Islam, à la décapitation ou la pendaison, bref, la mort. Pour une religion qui se dit et qui se veut de paix, c’est plutôt contradictoire et scandaleux. Je ne crois pas que cette paix existe réellement au sein de l’Islam. Depuis la naissance de cette religion, ça a toujours été la maison de la guerre et la conquête par l’épée. Soit on se convertit, soit on est dans la dhimitude. Et les sociétés judéo-chrétiennes qui habitent en terre d’Islam, bien que l’on dise qu’elles ont cohabité pacifiquement, ce que l’on cache c’est qu’elles étaient quand même en état d’infériorité. Les Juifs et les Chrétiens ne pouvaient pas accéder aux mêmes postes, et épouser une musulmane sans se convertir. Donc, l’équité et l’égalité, je ne pense pas que ce sont des valeurs existantes dans l’Islam. L’Evangile ne condamne pas quelqu’un qui change de religion, elle laisse le libre arbitre à chacun. L’Islam condamne à mort tout homme qui tente de le faire. Et on l’a encore vu dernièrement en Afghanistan, avec cet homme qui a fait cette rencontre personnelle avec le Christ, et qui a été pendant longtemps menacé de mort ».

« Avant de réaliser que les chrétiens avaient raison, je les détestais profondément »

Paul Ohlott : « C’est étonnant d’entendre un nord-Africain s’exprimer ainsi sur l’Islam. Quel genre de musulman étiez-vous ? Comment êtes-vous devenu chrétien ? »

Saïd Oujibou : « J’étais musulman et je viens d’un Islam traditionnel. Et de cet Islam traditionnel, j’avais basculé vers un Islam plus militant. C’était ma réponse au rejet, à la discrimination, à l’exclusion… Mais ce qui m’a sauvé réellement, c’est le fait de fréquenter, rencontrer, travailler, avec différentes communautés, d’éviter le repli sur soi, et de voir finalement que toutes les choses que l’on disait sur la démocratie et l’Occident étaient erronées, et de surcroît on en a profité en prenant ce qui nous arrangeait. Deux questions m’ont interpellé en tant que musulman. La première, c’est celle de la rédemption et du Salut qui n’existe pas dans l’Islam. La seconde, c’est la proximité, la relation que l’on peut avoir avec Dieu. Dans l’Islam, il faut toujours avoir un intermédiaire. Dans toutes les religions, il faut un intermédiaire. Et quand on part en voyage dans les Evangiles, on se rend compte qu’il n’y a pas d’intermédiaire, on peut parler directement avec notre Père et notre Seigneur Jésus-Christ. L’Evangile, c’est un livre que je rejetais et que je condamnais, et il a été une véritable révolution pour moi. Avant de réaliser que les chrétiens avaient raison, je les détestais profondément, j’étais animé par la haine. La Bible est un livre que l’on méprise, que l’on méconnaît, mais un livre qui pourtant est Parole de Dieu. Le Coran même déclare que Jésus est la Parole de Dieu et qu’il est l’Esprit de Dieu. J’ai été bouleversé de réaliser que Dieu, par amour pour moi, avait envoyé ce qu’il avait de plus cher, de plus précieux, le Messie, l’Oint, le Sauveur, son Fils Jésus-Christ, pour prendre sur lui mes péchés et mes erreurs. Je savais ce qu’étaient les péchés coraniquement parlant, mais quand on réalise ce qu’est vraiment le péché, bibliquement parlant, ça nous bouleverse en tant que musulman. La croix, ce n’est pas un film, ce n’est pas le film de Mel Gibson, mais c’est une expérience à vivre individuellement ".
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